Épicéas, sapins, cyprès, thuyas géants : beaucoup de conifères plantés en brise-vue il y a trente ou quarante ans arrivent aujourd'hui en bout de course. Les étés secs à répétition ont fatigué les plus exposés, et un arbre affaibli devient une cible pour les insectes qui vivent sous l'écorce.
Les signes qui ne trompent pas
- Un roussissement par la cime ou par plaques, qui ne reverdit pas au printemps suivant.
- Des aiguilles qui tombent en masse au moindre vent, des rameaux qui cassent net au lieu de plier.
- Une écorce qui se décolle en plaques, de petits trous ronds, de la sciure rousse au pied du tronc : la trace d'insectes sous l'écorce.
- De longues coulées de résine sur le tronc d'un épicéa, sa manière de se défendre.
- Des champignons à la base du tronc ou sur les racines.
Un seul de ces signes ne condamne pas un arbre. Plusieurs ensemble, sur un conifère, c'est rarement réversible.
Un feuillu repart parfois. Un conifère, presque jamais.
Entre plateau et vallée de la Selle
Pont-de-Metz s'étage entre les hauteurs et la vallée de la Selle, qui rejoint la Somme quelques kilomètres plus loin, à Amiens. Sur les hauteurs, le sol est drainant et sèche vite en été ; près de la rivière, il reste frais, parfois gorgé d'eau en hiver.
Un épicéa, avec ses racines peu profondes, supporte mal ces deux extrêmes : la sécheresse l'affaiblit, l'excès d'eau asphyxie ses racines. C'est souvent lui qu'on examine en premier.
Attendre ou intervenir : ce qui décide
Trois questions, dans cet ordre. Qu'y a-t-il sous l'arbre — maison, garage, passage, ligne, jardin voisin ? Depuis combien de temps est-il sec ? Et par où peut-on l'atteindre ?
La deuxième compte plus qu'on ne l'imagine. Un conifère mort depuis quelques mois garde un bois encore sain : on peut y grimper et le démonter proprement, tronçon par tronçon. Après une ou deux saisons, le bois devient cassant et les branches mortes tombent seules. La nacelle prend alors le relais, ou un démontage depuis le sol quand la place le permet.
Plus la décision est prise tôt, plus le chantier est simple, rapide et économique.
La photo en haut de page montre un conifère sec en cours de démontage en grimpe. Les branches basses ont été coupées en laissant de courts chicots, qui servent d'appui ; le grimpeur travaille assuré par une longe et une corde, la tronçonneuse accrochée au harnais. Le tas de branches au pied partira au broyeur en fin de journée.
Et les arbres voisins ?
Quand un conifère meurt d'une attaque d'insectes, ses voisins de même essence sont souvent les suivants. On les examine pendant la même visite : parfois un seul arbre à retirer, parfois une rangée entière à surveiller l'été suivant.
Un brise-vue qui disparaît laisse un vide. Une clôture ou une nouvelle haie le referme ; pour l'entretien des haies restantes, voir la taille de haie. Pour les feuillus encore vigoureux, c'est un élagage qu'il faut.
Autour de Pont-de-Metz
En remontant la Selle, Salouël et Saleux ; sur le plateau, Dury. Et tout le sud-ouest d'Amiens.

